Calvaire et croix

calvaire
Rien de plus inévitable, mais rien aussi de plus méconnu que nos croix de chemins ...
Le premier rôle d’une croix est de christianiser un lieu, les croix de chemins témoignent donc avant tout de l’avancée du christianisme et de la présence de l’Eglise.
Les carrefours ont toujours fait l’objet d’une attention particulière. Il y a, en effet, un symbolisme de la croisée des chemins. Selon la croyance populaire, c’étaient des lieux fréquentés la nuit par des mauvais esprits, la croix fait donc office de talisman. Un certain nombre de croix de chemin sont aussi des croix sur la voie des morts.
De la maison du défunt à l’église paroissiale, le convoi funéraire s’arrêtait à toutes les croix et l’on récitait quelques prières.
Certaines croix de chemins servaient aussi aux processions et notamment aux Rogations, fête aujourd’hui oubliée mais essentielle en milieu rural.
Rogations, du latin "rogatio", veut dire une prière de demande. "Les Rogations" sont une prière de demande liturgique, accomplie par la Communauté Chrétienne à une époque de l'année fixée au printemps, les trois jours avant l'Ascension jusqu'à récemment. Elles ont pour objet de demander à Dieu un climat favorable, une protection contre les calamités et peuvent être accompagnées d'une bénédiction de la terre, des champs et des instruments de travail.
La croix peut également servir de borne. Entrée et sortie des villages sont normalement pourvues d'une croix, mais toutes les limites, religieuses ou profanes, pouvaient être ainsi matérialisées.

Chaque village, s'ouvre et se ferme par des croix (du moins en terre catholique). Mais les places sont également christianisées, ainsi que les cimetières.
Les cimetières se trouvaient tous, originellement, à proximité immédiate de l'église. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que la nouvelle "morale" de l'hygiène les a rejetés à l'extérieur des bourgs. La croix qui trônait au centre du champ des morts a pu faire le même voyage, ou bien est restée sur place pour devenir une "croix d'église".

Les croix implantées sur la commune des Moitiers d’Allonne sont au nombre de dix.

Pour commencer, nous parlerons du calvaire, situé à Hatainville, au croisement de la route de Maudrey et de la route de Carteret.
Il a été érigé en 1896 sur un terrain donné gracieusement par M. LEMESLE, instituteur aux Moitiers.
Les cultivateurs allèrent chercher les pièces de granit à Flamanville, avec leurs tombereaux à chevaux.
Ce calvaire a malheureusement, été remanié en 1967 pour faire place à la vie moderne, le nombre d’automobiles grandissant rendant le carrefour trop dangereux.
Nous restons à Hatainville et faisons mention des deux autres croix :
       L’une est située au carrefour de la rue de Bas et de la route de la Cohue.
       L’autre est située, au haut Hameau, à la sortie du village d’Hatainville.
Si nous poursuivons notre route, nous trouvons une nouvelle croix au village de Maudenaville de Haut au carrefour de l’ancienne D904 et du chemin reliant le village à la route de la Vallée de Baubigny.
En remontant vers le bourg des Moitiers d’Allonne, au carrefour du chemin de la Roquette et de celui de Roussard, nous découvrons une nouvelle croix datant du 17ème siècle.
Maintenant, entrons dans le cimetière pour découvrir 3 nouveaux calvaires.
Ensuite, en direction des Trois Moulins, nous trouvons la croix du Hameau Daumaille, en bordure de rivière.
Enfin, la dernière croix, à la sortie du bourg des Moitiers d’Allonne, en direction de Barneville qu’on appelle la croix Buret.
 
Il est difficile de dater ces croix des chemins, sans doute 17ème ou 18ème siècles, certaines peut-être plus anciennes mais elles existent et font partie de notre patrimoine.
Alors ne les oublions pas !

Sources
:
Pierre MOULIER (Rôle et emplacement des croix des chemins)
Bulletins municipaux de la commune des Moitiers d’Allonne
Photos B. HÉRAUD

En Normandie, il n’y a qu’une chose qui peut être haute ou basse : c’est la mer.

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