Les deux églises

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Cette dénomination des Moitiers d’Allonne, « Monasteria de Alumpna ou de Alonia » désigne deux églises paroissiales qui étaient dans le même cimetière, à quelques distances l’une de l’autre et posées comme limite de deux fiefs.
L’une d’elles était sous le vocable de Notre Dame d’Allonne (Fief du Breuil et prévôté d’Hatainville) et l’autre sous celui de St Pierre d’Allonne (Fief de Thoville).
Les deux anciennes paroisses de Notre Dame et de Saint Pierre d’Allonne dépendaient de l’intendance de Caen, de l’élection de Carentan et de la sergenterie de Beaumont. Elles furent supprimées par la Révolution (Loi du 18 germinal X : 8 avril 1802), Notre Dame obtint le titre de succursale et St Pierre lui fut annexée.

L’ÉGLISE DE NOTRE DAME D’ALLONNE

Le seigneur du fief du Breuil avait, avec l’abbaye de Blanchelande, le patronage alternatif de l’église de Notre Dame d’Allonne.
En 1189, cette donation fut confirmée par Guillaume de TOURNEBU, évêque de Coutances (1184 à 1202).
Le livre noir (milieu du XIIIe siècle indique que Jean d’ANNEVILLE, seigneur du Breuil, était patron de l’église.
L’église subit de nombreuses transformations au cours des siècles, entre autres, reconstruction de la nef, du clocher et de la sacristie vers 1772.
En 1878, des réparations furent à nouveau nécessaires et la nouvelle église fut consacrée le 15 mars 1892.
L’église de Notre Dame hérita d’une partie du mobilier de sa voisine l’église de St Pierre après sa démolition à savoir, les statues de St Pierre avec son filet (bois XVIIIe siècle) et de la Vierge (bois XVIIIè).
La pièce maîtresse du mobilier de Notre Dame d’Allonne étant une remarquable Trinité, haut relief, pierre calcaire polychromée et dorée sous badigeon (XVIe siècle).
En entrant dans l’église par la porte sud, sur le mur à notre droite, nous avons une statue de Sainte Brigitte, tenant un livre dans sa main gauche, Statue en pierre calcaire polychromée sous badigeon (XVe siècle).
Porte nord, un bénitier mural en pierre calcaire du XVIIe siècle et au bas de la nef se trouve un Saint Sébastien en terre cuite.

La chapelle Nord :
La voûte de cette chapelle est en cailloux maçonnés, la clé de voûte est ornée de quatre blasons, pierre calcaire, fin XVe, début XVIe dont les armoiries sont devenues illisibles.
A l’angle nord, une console représente un aigle, pierre calcaire moulurée, sculptée et polychromée sous badigeon XVIe.
Sur le pignon nord de cette chapelle, on peut voir un saint Evêque (non identifié) en pierre calcaire.
Autel avec ses deux gradins, son retable, son tabernacle, bois peint et doré, début XIXe, avec réemploi d’éléments décoratifs du XVIIe. Il supporte une vierge à l’enfant, statue pierre calcaire polychromée sous badigeon, XVIIIe et XIXe siècle.
Les inscriptions funéraires sont peu nombreuses, l’abbé MAUTALENT, curé de Notre Dame d’Allonne, repose sous une dalle, au milieu du chœur, portant l’inscription : « Hic jacet A. MAUTALENT Parochus 1880-1899 addificavit templum domino »
 
En 1947, eut lieu la bénédiction des trois cloches : Aspasie, Arthémise et Anne-Marie.

L’ÉGLISE DE SAINT PIERRE D’ALLONNE

Peu de renseignements sur l’église de Saint Pierre.
Le plus ancien seigneur de Thoville dont on connait le nom est Roger des MOUSTIERS qui vers, 1190, donna l’église de St Pierre d’Allonne à l’abbaye de Blanchelande. Son fils Richard contesta cette donation.
Tous les renseignements recueillis constatent que l’église fut complétement dévastée pendant la révolution, de 1804 à 1825, elle fut même abandonnée ; ce ne fut qu’en 1825 qu’on fit des travaux pour la reconstruction de la Nef et diverses réparations par les soins et la générosité des paroissiens.
Le clocher de Saint Pierre d’Allonne fut classé comme amer pour la navigation par décision ministérielle du 22 novembre 1866.
La paroisse de Saint Pierre fut supprimée en 1908 et son église démolie en 1921, seul le clocher en bonne état et servant de repère pour la Marine échappa à la démolition.
Aujourd’hui, l’intérieur de la tour Saint Pierre a été aménagé en columbarium.

En Normandie, il n’y a qu’une chose qui peut être haute ou basse : c’est la mer.

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