Terre des invasions : des Vikings au débarquement

Les pays du Cotentin à la Somme ont formé une province romaine (Lyonnaise IIe), dont Lillebonne, qui porte le nom de César (Juliobona), fut un des hauts lieux.
Du IIe au IVe siècle, sa position maritime septentrionale lui valut quelques incursions germaniques. Mais c’est en 820 qu’apparurent les premiers Vikings, ces aventureux Scandinaves à la recherche de terres nouvelles. Remontant la Seine, ils assiégèrent même Paris en 885, et Charles le Simple ne s’en débarrassa qu’en leur affectant ces territoires occidentaux par le célèbre traité de Saint Clair sur Epte (911).

C’est alors qu’exista la Normandie, duché qui coïncidait avec les anciennes provinces romaine et ecclésiastique : si les vrais « Normands », ou « hommes du Nord », en formaient les cadres, ils n’ont jamais été très nombreux par rapport aux populations autochtones d’origine gauloise, auxquelles ils s’assimilèrent vite.
Les Vikings, tôt christianisés, y organisèrent un domaine actif et bien structuré, dont le XIe siècle fut la grande époque : «Les Normands du Moyen Age doivent aux Vikings leur esprit d’entreprise, leur capacité d’adaptation, leur sens aigu des réalités profitables » (L.MUSSET).

De là, les Normands réussirent en 1066 le dernier débarquement subi par les îles Britanniques : le duc devenait roi, mais outre-Manche. Il y ajouta les ressources apportées par une autre grande conquête : celle de la Sicile et de l’Italie du Sud.
Mais le grand effort parisien du XIIIe siècle fit, dès 1204, passer le duché de Normandie dans la suzeraineté française, par la victoire de Philippe Auguste sur le roi-duc Jean sans Terre. Non sans difficultés qui obligèrent le roi de France à accorder à la Normandie de substantielles franchises et firent, sauf Chausey, perdent les iles, dont les seigneurs suivirent au contraire le roi d’Angleterre.
Le XIIIe siècle fut ainsi un siècle de colonisation française et de mise en valeur soutenue.
La guerre de Cent Ans arrêtait cet essor, accumula les ruines au milieu du XIVe siècle, et vit de nombreux Normands « collaborer » avec l’anglais redevenu maître de la province, comme en témoignent les procès de Jeanne d’Arc à Rouen (1431) et la création de l’université de Caen (1432), offerte par les Anglais à la bourgeoisie normande. Il est vrai que la petite noblesse et la paysannerie « résistèrent » souvent, préparant le retour définitif de la Normandie à la France (1450).
Louis XI se décida à une amnistie générale, mais préféra supprimer la notion de duché dès 1469.
Le XVIe siècle, marqué par la création du Havre, et les suivants furent des époques de calme où l’esprit d’entreprise des Normands s’exerça dans le grand commerce et l’organisation rurale, et se matérialisa dans l’édification d’hôtels et de manoirs qui nous restent nombreux malgré les graves destructions du débarquement de juin 1944.
Celui-ci fut, depuis le Moyen Age, la seule période dramatique de l’histoire normande, si l’on excepte des épisodes agités, mais plus localisés, comme les guerres de religion avec les batailles d’Arques et d’Ivry, les nombreuses menaces anglaises sur les côtes dans le contexte de la guerre de la ligue d'Augsbourg, et les destructions locales de 1940 à 1944 pendant le conflit de la seconde guerre mondiale.

Ci-Joint : Combat de la Hougue


Si bonne n’était Normandie ... Saint Michel n’y serait mis.

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